Les chômeurs sont la solution

Le déficit cumulé de l’Unedic s’élève à 17 milliards d’euros. L’organisme gestionnaire de l’assurance chômage a donc recours à l’emprunt pour payer les allocations. Pour les établissements financiers, il s’agit d’un marché rentable et sûr, qui se traduira par le versement de dividendes à leurs actionnaires. Mais ces milliards d’euros font défaut à l’investissement utile pour l’emploi.

 Coût

Le Medef, le gouvernement et Bruxelles n’ont de cesse de mettre en cause le coût du travail. N’est-il pas temps de poser plutôt la question du coût du chômage ? Son impact n’est pas seulement social, mais économique ; il mobilise des milliards. Dans le même temps, il rend indisponibles des millions de personnes, au lieu de les considérer comme des acteurs économiques à part entière. Le MNCP ne cesse de le répéter depuis vingt-sept ans : les chômeurs, chômeuses et précaires ne sont pas des nombres dans des statistiques. La lutte contre le chômage ne peut se mener contre eux ni se concevoir sans eux.

Marche

Dans sa campagne présidentielle, François Hollande avait sollicité les voix des chômeurs. Il les a obtenues. Aujourd’hui, son gouvernement ne veut plus les entendre et refuse de discuter des mesures d’urgence, des réformes nécessaires de l’assurance chômage et des politiques de l’emploi. C’est pour cela qu’une marche sur Paris est organisée du 15 juin au 6 juillet, à l’appel du MNCP, de l’Apeis, d’AC !, du DAL et des syndicats Sud emploi/Solidaires et SNU Pôle emploi-FSU. La situation se dégrade de jour en jour pour une majorité de privés d’emploi. On ne peut attendre une hypothétique « inversion de la courbe du chômage » pour agir. Les chômeurs ne sont pas le problème, ils sont la solution !

Robert Crémieux, membre du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP)

Chronique parue dans Alternatives Economiques   n° 325 – juin 2013